
News-de-Stars a rencontré André Manoukian à l'occasion de la sortie de son nouvel album Melanchology. En pleine polémique autour du jury mythique de la Nouvelle Star, le musicien nous a accueillis très simplement dans son appartement à Paris. Cela nous a permis de parler de son album, mais aussi d'éclaircir un peu plus ce qui s'est passé entre Manu Katché et lui.
News de stars : Que signifie le titre de votre album Melanchology?
Est-ce pour cela que vous avez créé cet album? Cherchiez-vous à guérir votre mélancolie?
C'était un peu comme pour le premier instrumental que j'ai fait. Je suis allé chercher des thèmes arméniens, des petites cellules un peu à la Erik Satie. La musique arménienne est vraiment à cheval entre deux cultures, entre l'orient et l'occident. L'Orient apporte une seconde diminuée, et été très influencé par l'Occident. Le duduk est un instrument qui sonne triste comme une plainte. En fait ce que j'ai cherché à faire c'est que l'on s'élève, plutôt que d'être dans le lamento. Le lamento est une caractéristique de la méditerranée et que l'on retrouve dans beaucoup de traditions. A la base même, les premières figures de la musique sont celle que l'on peut trouver, par exemple, en Egypte. Ce sont celles de Isis et sa sœur Nephtys, qui représente la pleureuse. C'est donc quelque chose qui a toujours existé.
Melanchology est la suite de Inkala (le premier album d'André Manoukian, ndlr). L'album montre des influences arméniennes et orientales. Peut-on parler d'une musique spécifique à André Manoukian?
Exactement. Quand j'ai découvert ces gammes et ces sons, avec lesquels j'étais peu familier puisque cela remonte à ma petite enfance, cela m'a permis d'aborder le jazz de manière totalement nouvelle. Tout d'un coup on m'a donné un nouveau jouet pour faire des solos, des improvisations, et je n'en suis qu'au début car j'ai l'impression qu'il s'agit d'une richesse inépuisable à la fois en terme de rythme, de combinaisons, et d'instruments. Cela m'ouvre un champ incroyable, mais cela me donne aussi beaucoup de boulot (rires).
"Je continue à faire des concerts avec Benjamin Siksou"
Et pourquoi avoir sorti un album de reprises de musique de jazz plus classique (So In Love) en 2010?
Je fais ça par strate. J'ai une phase instrumentale, un peu triste et mélancolique. Mais je dis souvent que la voix est le plus bel instrument du monde, ce qui d'ailleurs, m'a souvent fait tomber amoureux des chanteuses. Et puis c'est aussi mon inspiration. Ce qui fait que la première fois que j'ai fait un album instrumental, c'était pour me désintoxiquer. Le problème c'est que de temps en temps je replonge. Et si je replonge, tant qu'à faire, autant le faire avec la crème des chanteurs. J'oscille donc entre ces deux pôles, et je pense d'ailleurs préparer un autre album avec des chanteurs.
Et allez-vous seulement écrire pour vous maintenant, ou allez-vous continuer à écrire pour d'autres artistes/chanteuses?
Non, je pense qu'il faut un peu se concentrer sur soi de temps en temps. Maintenant que j'ai commencé à le faire, j'ai aussi envie de bosser avec d'autres artistes. Je bosse toujours avec la chanteuse Malia. J'ai toujours envie de sortir un projet jazz. C'est difficile à définir mais j'y pense tout le temps.
Vous avez énormément travaillé sur l'album de Gaëtane Abrial de la Nouvelle star. Continuez-vous toujours de travailler avec elle?
Non, je pense qu'elle avait envie de se récupérer et de faire un chemin plus logique dans la musique. Passer de sa chambre à la télé avec des foules en délire sans passer par la case de faire des concerts dans des clubs, lui manquait. C'est des petits concerts qu'elle avait envie de faire, et donc elle le fait aujourd'hui. Il y a un moment où tous ces candidats ont besoin de se remettre en contact avec un vrai chemin sinon ils perdent leur repères.
Pourriez-vous travailler avec d'autres artistes issus de la Nouvelle Star aujourd’hui?
Je continue à voir les différents candidats. Je continue à faire des concerts avec Benjamin Siksou... crooner fantastique. Quand on dit que je ne suis que dans les chanteuses, en fait je suis plutôt dans les voix mais il n'y a hélas pas beaucoup de voix masculines dans le jazz. Je ne suis pas que sexopathe (rires). Pour moi Jamie Cullum, et le chanteur le plus sexy de la planète. Et benjamin il est génial, parce qu'il a la côté crooner sans être ringard. Il devrait d'ailleurs enfin sortir un album. En règle général, je suis content des différentes carrières des candidats de la nouvelle star, que ce soit Camelia Jordana, Luce, Benjamin,...
Et avez-vous écouté le dernier album de Christophe Willem qui vient de sortir?
Voilà ! C'est sa voie, maintenant il est dans la dance techno, je ne sais pas trop comment appeler ça... Il s'éclate là-dedans, il est toujours aussi bon. Mais moi je le trouvais tellement bon en chanteur de soul. Je me rappellerai toujours de la première chanson qu'il nous avait chanté, une chanson de Des'ree, c'était à tomber par terre. Mais bon il exploite son chemin. Et puis la soul en français ce n'est peut être pas évident. Mais je pense qu'avec Christophe, c'est avant tout la musique qui l'éclate, et il est complètement maître de son jeu.
"Le problème est surtout venu de personnes qui ont fait l'amalgame entre plusieurs choses qui ont été dites [...] Tout ce que j'ai à dire c'est qu'il s'agit d'une polémique de merde et que c'est juste Jean-Marc Morandini qui a gagné".
Il y a beaucoup de choses qui ont été dites au sujet de la Nouvelle star dernièrement. Notamment ce clash avec Manu Katché. Est-ce que les choses se sont arrangées entre vous?
Manu Katché a un gros caractère. Le problème est surtout venu de personnes qui ont fait l'amalgame entre plusieurs choses qui ont été dites. Moi, j'ai seulement voulu rectifier, à la demande de Dove (Attia) encore une fois... Non en fait tout ce que j'ai à dire c'est qu'il s'agit d'une polémique de merde et que c'est juste Jean-Marc Morandini qui a gagné. Il a super bien joué comme d'habitude : Bibiane Godfroid a fait une déclaration en disant "certains membres du jury ont demandé des sommes astronomiques". La dessus Jean-Marc Morandini reprend "les membres du jury ont demandé des sommes astronomiques". Du coup Dove me dit qu'on ne peut pas laisser ça comme ça, et voulait que j'envoie un démenti. Voilà je l'ai fait, le problème c'est qu'en disant que Dove et moi n'avons pas demandé des sommes astronomiques, fatalement j’accusais Manu. Je comprends donc sa colère d'un côté, mais on était un peu en porte à faux. Ce que je regrette c'est juste que Manu et moi ont été du même bord musical. Mais tout cela finira par s'arranger.
"Myriam Abel c'était un peu l'erreur de casting"
On a vu Myriam Abel faire les Anges de la Télé-Réalité. Selon vous, est-ce positif pour elle de participer à cette émission?
Non alors là c'était un peu l'erreur de casting (rires). C'était la saison pas géniale. Myriam avait une super voix mais finalement... Après les chanteurs, la voix ne suffit pas, il faut avoir du goût, bien savoir s'entourer, avoir cette intelligence qui fait qu'on a une vision à peu près claire. Et avoir une composition artistique. Parfois il y a des musiciens qui sont loin de la musique. Il y a des chanteurs qui ont des voix fabuleuses mais qui finalement font des compositions assez nulles. Myriam c'était juste fabuleux, c'était une chanteuse avec une voix incroyable. Mais ce n'est pas évident entre chanter les chansons des autres et proposer quelque chose à soi.
"Grâce à Steeve Estatof et la Nouvelle Star, on s'est retrouvé avec du Nirvana en prime, un truc qu'on n'avait pas vu depuis 20 ans".
Serait-il possible que la Nouvelle Star revienne sur M6 même sans le jury mythique?
Oui on en reparle. Il y aura peut être un best-of du jury. Mais c'était une émission vraiment chouette, parce que c'était une vraie émission musicale. On était des gens de musiques, il y avait un ton. C'était la spirale de l'excellence : on avait d'excellents candidats parce que les vrais musiciens ne s'y trompaient pas. Notre émission parlait de musique, ce n'était pas une émission de télé-réalité. Et c'est pour ça qu'on a eu ce niveau là. Tout a commencé en saison 2, avec l'arrivée de Manu Katché et Marianne James dans le jury, et Steeve Estatof. On s'est retrouvé avec du Nirvana en prime, qu'on n'avait pas vu depuis 20 ans. C'était une belle image de la réussite. Mais après ce qui m'intéresse à la télévision c'est la musique. Je n'ai pas envie de faire de la télé pour faire de la télé. J'ai par exemple eu la chance d'avoir une belle émission avec Tété, où on voyage à travers le monde (Tété ou Dédé sur France 5, ndlr) où on rencontre des musiciens fabuleux en Argentine, au Brésil, en Éthiopie,... J'y fais des rencontres musicales formidables. Et c'est ce qui me plaisait aussi dans la Nouvelle star, car j'y ai aussi fait de magnifiques rencontres musicales.
Il ne s'agit donc pas de rechercher la célébrité à tout prix?
Je ne comprends pas bien... Je pense que l'on me connait déjà. Pour moi la télé c'est la musique! On m'a demandé d'intervenir pour une émission sur France 4 en tant que musicien, sur Arte pour commenter des festivals. Mon seul angle légitime à la télévision c'est la musique. Il y a aussi d'autres champs qui m'intéresse comme la culture, la philosophie, la montagne aussi... j'ai une émission sur Montagne TV, une petite chaîne. La télé c'est juste un forum où l'on parle de ce qu'on aime pour le transmettre aux autres.
Et justement, l'étiquette de la télévision ne pose-t-elle pas un problème dans le milieu du Jazz ?
Si cela pose un problème, et en même temps cela ouvre des portes. Cela pose un problème parce que l'image est un peu brouillée. Les gens me connaissent plus en tant qu'homme de télévision plutôt qu'en tant que musicien. Avant, j'étais un musicien de l'ombre, je n'ai jamais été au premier plan. Mais, j'ai le sentiment d'avoir toujours continué mon chemin. Le milieu du jazz est un milieu qui est à la fois fermé et où il faut montrer patte blanche pour y être accepté, ce que j'ai fait. J'ai ainsi recommencé à jouer à Paris dans des Clubs, comme le Sunset (club de Jazz 60, rue des Lombards - Paris 1er, ndlr). Et c'est en jouant avec mes musiciens, qui sont remarquables, que j'ai réussi à entrer dans ce milieu. Ce chemin là est de toute façon nécessaire. Cependant, il existe aussi des gens, organisateurs de concert, qui sont ravis que je sois l'ambassadeur du jazz car c'est une musique difficile, et qui a peu d'accès dans les grands médias.
Est-il donc important pour vous de faire connaitre le jazz au près du grand public?
Oui parce que tout le monde a cet a priori qui consiste à dire que le jazz est une musique difficile d'accès. Or, lorsque j'emmène des gens qui ne connaissent pas cette musique là, il n'y en a pas une qui n'en sort pas touchée. Il faut certes y être un peu initié, mais on peut aussi y entrer par le son. Il y a beaucoup de chanteurs qui ont fait beaucoup pour le jazz, comme Norah Jones, Diana Krall. C'est d'ailleurs surement plus facile pour les chanteurs que pour les instrumentalistes. Mais le chant peut être un bon moyen pour connaître le jazz.
Et est-ce pour cela que vous avez intégré la voix d'Elina Duni dans votre nouvel album?
Non pas exactement. Cette chanson est là pour une raison. Elle est d'origine albanaise et manie extrêmement bien l'art du jazz et de l'Orient. Cela n'aurait pas eu de sens que j'invite une chanteuse afro américaine. Dans ce projet artistique, c'était pour montrer comment le jazz et la musique orientale pouvaient fusionner.
Et comment cette idée de fusionner le jazz avec l'Orient vous est venue à l'idée?
Il y a 5 ans, on m'a demandé de réaliser un documentaire sur l'Arménie. Quand j'ai mis le nez dedans, j'ai eu un peu l'impression de fouiller dans les affaires de mon grand-père et de trouver des trucs incroyables. Je trouve aujourd'hui que les choses qui sont les plus intéressantes viennent d'Orient. Il y a une couleur nouvelle qui arrive, que se soit Tigran Hamasyan, Dhafer Youssef,... il y a des mélanges détonants qui se créent et il est en train de se passer quelque chose de neuf, de joyeux et de très créatif de ce coté là. En Amérique maintenant, les artistes cherchent plutôt seulement à revisiter.
"Il a fallu 20 ans pour produire des musiciens géniaux"
Et pensez-vous que cet impact peut toucher aussi la musique dite commerciale et plus populaire?
Je ne peux pas dire ce qui va se passer, mais ce que je voyais notamment au travers de la Nouvelle star, c'est qu'il y avait des mômes qui avaient plein d'influences d'endroits différents. Par exemple en 2009, on a eu un chanteur génial qui s’appelait Mahdi, qui était marocain. Et quand il chantait de la soul il avait un peu ses mélisses orientaux. En règle général, cela reflète des choses d'une société qui est en train d'arriver. Avec le jazz, on n'est pas dans une musique de mode mais dans une musique savante qui demande des études. Mais c'est déjà magnifique de voir qu'une fois que le mur de Berlin est tombé, il y a toute une partie du Caucase qui a eu accès à toute cette musique. Il a fallu 20 ans pour produire des musiciens géniaux. Et cela a créé une génération riche. C'est aussi la génération Internet où tout le monde peut avoir accès à des influences venues du monde entier. Chacun garde son identité, que ce soit le rock, la pop, le jazz mais par dessus on ajoute son épice un peu ethnique, et c'est cela qui donne du goût.
Et pour votre album, pourquoi la montagne dispose-t-elle d'une place importante?
J'y vis, j'habite à Chamonix. Cela fait 4 ans que l'on s'est installé là-bas. Et Stéphanie, la première des mes épouses... "mes épouses" on dirait Barbe-bleu (rires). Mais elle aimait beaucoup la montagne donc lorsque je l'ai rencontrée on a fait un trek tout de suite et j'en suis tombé amoureux. C'était un rêve de s'installer là-bas. Il n'y manquait que la musique, que j'ai par la suite apporté grâce à un festival de Jazz qui s'appelle le Cosmo jazz. Pour moi, il s'agit du plus beau paysage du monde. Le jazz étant la musique que je préfère, réunir les deux c'est juste une expérience totale. Et pour moi cela apporte quelque chose de très émouvant. Il y a beaucoup de spectateurs qui pleurent car nous sommes dans un décor incroyable. Même avec tout l'argent du monde, vous n'arriverez jamais à reproduire le paysage de la chaîne du Mont-Blanc. C'est un peu renouer avec les origines de la musique, avec ce côté Chamane, ce musicien qui parle aux esprits. J'avais la chance de pouvoir réunir tout ça, donc j'ai tout mis sur ma pochette.
Pour regarder les photos de l'interview dans l'appartement d'André Manoukian, cliquez ci-dessous :
Vous pourrez retrouver André Manoukian le 5 décembre prochain pour un concert à l'Alhambra. Son Album, Melanchology est disponible depuis le 31 octobre dernier.
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Monsieur Manoukian cherche,le parfait .il est vrai que ce qui fait ;Je craque, mais lorsqu-il ose dire que des poètes, il y'en a pas beaucoup là c'est comme une gifle dont,je recevais de lui. Je suis auteur depuis mon enfance, mais seulement déclarée depuis deux ans et, je n'ai pas la prétention de dire que ,je suis parfaite, mais; je suis sublime et, il me fait penser au héron qui laisse la carpe pour ce contenter d'un petit vermisseau. (La carpe c'est moi). façon de me présenter . une fable de Jean De La Fontaine. bien amicalement et surtout musicalement.