
L'actrice Annie Girardot est décédée "paisiblement" lundi à
l'hôpital Lariboisière à Paris, à l'âge de 79 ans, a annoncé à l'AFP sa
petite-fille Lola Vogel. "Elle est partie paisiblement. Maman et moi
étions à ses côtés", a déclaré Lola Vogel, petite-fille d'Annie
Girardot. L'actrice souffrait depuis plusieurs années de la maladie
d'Alzheimer, révélée au public par sa famille en 2006 et dont elle
était devenue un symbole, après avoir accepté de se faire filmer pour
le documentaire "Ainsi va la vie", de Nicolas Baulieu.
Née le 25 octobre 1931 à Paris, elle s'oriente d'abord vers des études
d'infirmière, et finit par entrer à la Rue Blanche puis au
Conservatoire dont elle sort avec un double premier prix avant
d'intégrer la Comédie Française. Elle apparaît en 1955 dans "Treize à
table" de André Hunebelle. Elle est remarquée dans "Maigret tend un
piège" de Jean Delannoy et "L' Amour est en jeu" de Marc Allegret.
Sans abandonner le théâtre, la comédienne est très vite absorbée par le
cinéma. De nombreux metteurs en scène la sollicitent en effet dès les
années soixante, de Luchino Visconti ("Rocco et ses frères", 1960) à
Roger Vadim ("Le Vice et la vertu"). Frondeuse, Annie Girardot
interprète des rôles atypiques comme dans "Le Mari de la femme à barbe"
(1964) de Marco Ferreri et tisse des liens privilégiés avec Claude
Lelouch ("Un Homme qui me plaît", 1969). Elle épouse Renato Salvatori
et décide de mener une double carrière en France et en Italie. Elle
remporte le prix d'interprétation à Venise pour "Trois chambres à
Manhattan" de Marcel Carné en 1965.
Dans les années soixante-dix, elle devient l'actrice préférée des
Français en enchaînant les comédies populaires avec Michel Audiard
("Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause
!"), Philippe de Broca ("Tendre poulet", 1977) ou encore Claude Zidi
("La Zizanie", 1977). Annie Girardot incarne des héroïnes modernes,
actives ("Docteur Françoise Gailland" pour lequel elle obtient le César
de la meilleure actrice en 1977; "Vas-y maman" en 1978) et libérées des
conventions ("La Clef sur la porte").
Mais sa carrière cinématographique s'essouffle dans les années 80. Elle
joue tout de même dans "Souvenirs, souvenirs" (1984) ou encore "Cinq
jours en juin" (1989) de Michel Legrand. Annie Girardot revient en
force en obtenant en 1996 le César du meilleur second rôle pour "Les
Misérables" de Claude Lelouch puis tourne avec Michael Haneke qui lui
offre un rôle remarqué dans "La Pianiste" en 2000, qui lui vaudra un
autre César et la choisit à nouveau pour interpréter la mère de Daniel
Auteuil dans "Caché" (2003). L'année suivante, elle donne la réplique à
Jean-Paul Rouve et Gérard Depardieu dans la comédie "Je préfère qu'on
reste amis...", premier long-métrage de Eric Toledano et Olivier
Nakache avant de tourner sous la direction d'un de ses amis, Daniel
Duval qui lui offre un rôle dans "Le Temps des porte-plumes" (2006).
Peu de temps après, sa carrière s'arrête, frappée de la maladie
d'Alzheimer...