Annie Girardot s'en est allée...

par Cinedinguealloc, publié le 28 février 2011


L'actrice Annie Girardot est décédée "paisiblement" lundi à l'hôpital Lariboisière à Paris, à l'âge de 79 ans, a annoncé à l'AFP sa petite-fille Lola Vogel. "Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés", a déclaré Lola Vogel, petite-fille d'Annie Girardot. L'actrice souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, révélée au public par sa famille en 2006 et dont elle était devenue un symbole, après avoir accepté de se faire filmer pour le documentaire "Ainsi va la vie", de Nicolas Baulieu.
Née le 25 octobre 1931 à Paris, elle s'oriente d'abord vers des études d'infirmière, et finit par entrer à la Rue Blanche puis au Conservatoire dont elle sort avec un double premier prix avant d'intégrer la Comédie Française. Elle apparaît en 1955 dans "Treize à table" de André Hunebelle. Elle est remarquée dans "Maigret tend un piège" de Jean Delannoy et "L' Amour est en jeu" de Marc Allegret.
Sans abandonner le théâtre, la comédienne est très vite absorbée par le cinéma. De nombreux metteurs en scène la sollicitent en effet dès les années soixante, de Luchino Visconti ("Rocco et ses frères", 1960) à Roger Vadim ("Le Vice et la vertu"). Frondeuse, Annie Girardot interprète des rôles atypiques comme dans "Le Mari de la femme à barbe" (1964) de Marco Ferreri et tisse des liens privilégiés avec Claude Lelouch ("Un Homme qui me plaît", 1969). Elle épouse Renato Salvatori et décide de mener une double carrière en France et en Italie. Elle remporte le prix d'interprétation à Venise pour "Trois chambres à Manhattan" de Marcel Carné en 1965.
Dans les années soixante-dix, elle devient l'actrice préférée des Français en enchaînant les comédies populaires avec Michel Audiard ("Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !"), Philippe de Broca ("Tendre poulet", 1977) ou encore Claude Zidi ("La Zizanie", 1977). Annie Girardot incarne des héroïnes modernes, actives ("Docteur Françoise Gailland" pour lequel elle obtient le César de la meilleure actrice en 1977; "Vas-y maman" en 1978) et libérées des conventions ("La Clef sur la porte").
Mais sa carrière cinématographique s'essouffle dans les années 80. Elle joue tout de même dans "Souvenirs, souvenirs" (1984) ou encore "Cinq jours en juin" (1989) de Michel Legrand. Annie Girardot revient en force en obtenant en 1996 le César du meilleur second rôle pour "Les Misérables" de Claude Lelouch puis tourne avec Michael Haneke qui lui offre un rôle remarqué dans "La Pianiste" en 2000, qui lui vaudra un autre César et la choisit à nouveau pour interpréter la mère de Daniel Auteuil dans "Caché" (2003). L'année suivante, elle donne la réplique à Jean-Paul Rouve et Gérard Depardieu dans la comédie "Je préfère qu'on reste amis...", premier long-métrage de Eric Toledano et Olivier Nakache avant de tourner sous la direction d'un de ses amis, Daniel Duval qui lui offre un rôle dans "Le Temps des porte-plumes" (2006). Peu de temps après, sa carrière s'arrête, frappée de la maladie d'Alzheimer...