
Le célèbre jeu de combat naval est très librement adapté sur grand écran, à la sauce hollywoodienne. L’humanité va devoir compter sur des marins pour sauvegarder notre planète d’une invasion d’extraterrestres. Le capitaine n’est autre que Peter Berg — acteur mais aussi réalisateur des films Le Royaume ou Hancock — entouré de marins comme Taylor Kitsch, Rihanna ou Liam Neeson. Alors, touché-coulé ?
Disons-le d’emblée, l’œuvre est un gros blockbuster aux allures de détente du samedi soir à déguster avec son soda et un bon popcorn en main pour en profiter pleinement. Car même si le bébé de Berg possède des défauts, il a aussi des atouts à faire valoir. Tout d’abord, il ne se prend que très rarement au sérieux. Il y a toujours du second degré dans énormément de situations, que ce soit au niveau de l’action, toujours exagérée, ou sur certaines séquences possédant un humour typiquement américain. Il est évident que ceux qui détestent ce genre de films hollywoodiens avec le mélange d’action et de punchlines à deux balles détesteront aussi Battleship.
Contrairement à un Michael Bay, Peter Berg parvient à rendre le film lisible de bout en bout grâce à un rythme toujours maintenu et parce qu’il ne cède pas à la tentation de mettre dix plans en une seconde. Pour en mettre plein la vue, ce qu’il y a à l’écran suffit, inutile d’en rajouter une couche. Les effets spéciaux assurent une bonne part du boulot à ce niveau. Il y a de l’action, des explosions, des morts, mais le tout est assemblé avec un savoir-faire qui mérite au moins une forme de respect. On ne sortira pas du film avec la nausée ou le sentiment de ne pas avoir compris ce qui se passait lors d’une séquence.
Outre son action, le film propose des séquences vraiment très sympas et s’ancre à plusieurs occasions dans le passé. Le choix d’Hawaii n’est par ailleurs pas anodin. Une coupe du monde de foot oppose, dans le film, les gradés de plusieurs forces navales internationales, notamment les États-Unis contre le Japon, comme pour annoncer que le rôle des Japonais dans la lutte contre les aliens sera important. C’est évident que le passé et l’attaque de Pearl Harbor sont en arrière-fond. Car c’est bien grâce à une alliance entre deux capitaines, l’un Américain et l’autre Japonais, que viendra le salut du monde. Ensuite, comme pour appuyer un peu plus son ancrage sur le passé, c’est aussi en faisant appel à des vétérans d’anciennes guerres que les deux chefs parviendront à défaire la menace. Le tout donne un caractère assez sympathique au film et plutôt inédit dans le genre.
Il est aussi évident que c’est le genre de film qui n’apporte rien de vraiment neuf. On sait comment ça va se terminer et hormis ce qui est cité précédemment, le film n’invente rien de vraiment nouveau. L’œuvre s’alourdit d’une propagande américaine un peu trop prononcée et certains évoquent même un racisme latent vis-à-vis des Chinois — beaucoup de traits d’humour vont à l’encontre de la Chine. Mais ce n’est encore une fois pas neuf et dans bon nombre de blockbusters, les Américains ont toujours eu un ennemi en phase avec l’actualité. Et il est évident que la Chine, par la puissance économique qu’elle représente, est une ennemie pour la domination américaine sur le monde. Enfin, les aliens ne sont pas du tout creusés. Ils arrivent et ils attaquent sans qu’on ne sache évidemment pourquoi. Ce sont là des défauts regrettables qui nuiront à la vision de Battleship.
Mais au final, Berg réussit le pari de faire un film sympathique, lors duquel les références au combat naval se font finalement assez rares, hormis dans des attaques stratégiques contre les extraterrestres. L’œuvre possède de plus un casting assez correct et les mauvaises langues devront se taire puisque même Rihanna ne fait pas tâche. Battleship touche donc bel et bien au but sans faire couler le spectateur qui, lui, en a déjà vu d’autres.





