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Ce n’est pas parce que la psychanalyse s’est emparée de la littérature, ou le cinéma, pour enfant comme schéma d’étude des pulsions enfantines que tout livre, ou film, traitant des pulsions de l’enfant est nécessairement un film appelant une lecture psychanalytique.
D’emblée, la question : quel film-pour-enfant est Max et les maximonstres ? est une mauvaise question. Car évidemment, le terme est péjoratif. Qu’est-ce qu’un film pour enfants ? Un film qui par sa conception simple peut toucher directement des êtres d’âge et expérience réduits ?
Dans ces cas-là, Spike Jonze propose de révolutionner le genre, de dynamiter ses codes. L’économie tout entière du film tourne autour d’une simple proposition esthétique : l’univers créé, cette île des maximonstres est une île faite de forêt d’arbres morts, de falaises, de déserts… pas de couleurs, pas de féérie, et cet univers tout entier est, tout comme le monde réel, filmé caméra à l’épaule, comme un reportage. L’idée étant de soustraire tous les artifices et toute la fantaisie que l’on associe généralement à l’enfance. Donc : plans courts, montage cut, éclairage naturel tant que faire se peut, et créature faites de gros costumes poilus (donc matérielles et non numériques). De l’artisanat mais pas d’artifice.
L’histoire est celle de Max, un jeune garçon très seul. A l’heure du dîner, il monte sur la table et dit à sa mère : « Femme. Nourris-moi ! ». Sa mère se fâche, il menace de la manger puis la mord. Elle l’envoie dans sa chambre sans dîner. Mais Max s’enfuit, court dans la nuit jusqu’à une petite barque abandonnée qui le mènera sur l’île des maximonstres.
Par de nombreux aspect, le Max… de Jonze serait le pendant masculin et épicurien à l’Alice… de Carroll, auquel il fera de nombreuses références directes.
Surtout, Jonze partage avec Carroll un même sens du ludisme, une passion pour les jeux où les règles sont incapables de construire un équilibre pouvant départager gagnants et perdants. Pour Carroll, le jeu n’a pas de règle, mais pour Jonze, le jeu n’a pas de structure ni de fin. Rares sont à ce titre les films pour enfants mettant en scène le jeu pour lui-même, en dehors d’une économie d’apprentissage (dans la majorité des Disney, on ne joue que pour apprendre, ou bien on joue en chantant, c’est-à-dire au sein d’une organisation stricte et chorégraphiée).
Il est connu que Françoise Dolto déconseilla vivement la lecture du livre de Sondak aux enfants. Les monstres seraient des manifestations brutales et horribles de l’inconscient de l’enfant, qui l’effraieraient ou l’aideraient au mieux à assouvir ses désirs de puissance. Le récit d’initiation échoue si le personnage n’acquiert aucune connaissance.
Renversement structurel. Max et les maximonstres aurait à première vue tout d’un Bildungsroman classique. Le jeune Max s’enfuit dans un monde imaginaire car il est incapable de faire face à une réalité qui lui est hostile (soit une « rupture entre une âme pleine d’idéaux et une réalité qui résiste » selon les mots de Jürgen Jacobs). Là-bas, il apprendra à faire face à la réalité selon une évolution déterminée. Enfin, c’est la prétendue immaturité de l’enfant qu’il s’agit là de renverser en la confrontant à ses responsabilités et, in fine, en le réconciliant avec le monde. Seulement voilà, rien de tout cela n’aura lieu et au cours de son périple, Max sera confronté à des personnages qui auront moins d’expérience que lui. Résultat : l’initiation est ren...
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