Contagion : trop de personnages pour un scénario limité
Contagion est le nouveau film de Steven Soderbergh (The Informant!, Che, Saga Ocean’s). Il sortira en salle le 9 novembre 2011. Synopsis : une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse.
Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on « cache la vérité » à la population… Au casting : Marion Cotillard, Matt Damon, Laurence Fishburne, Jude Law, Kate Winslet, Bryan Cranston, Jennifer Ehle, et Gwyneth Paltrow.
Depuis la grippe A, on regarde de loin les barres dans le métro… La contagion, c’est ce qui fait un peu peur à tout le monde. Alors quoi de plus normal d’essayer de faire un film qui va vous faire un peu plus peur sur votre voisin qui éternue ? Steven Soderbergh a donc essayé de faire ça à sa sauce avec un grand casting. Première remarque, on n'a pas beaucoup plus peur en sortant de la projection. On n'a pas l’impression que ce soit plus effrayant qu’une annonce d’une grippe A, on ne ressent pas plus de peur vis à vis de la chose. Le film manque énormément d’émotion comme si voir des gens mourir (même de sa famille) était une banalité.
Pourtant le concept du film est plutôt bon, on suit le déroulement d’une contagion, des premières victimes à l’extension du virus. C’est plutôt une bonne idée, surtout qu’il y a une partie un peu documentaire où on nous donne de vrai données sur le nombre de nouveaux virus par an (un nouveau par semaine en fait, assez impressionnant) et où on suit le déroulé de réflexion sur la création d’un vaccin.
Le problème est que le scénario s’étale sur trop de personnages et que du coup on n’aboutit à rien sur aucune des histoires. La pire est celle de Marion Cotillard : elle doit avoir quatre répliques, des scènes où les paroles sont marquées par de la musique et au final elle ne sert à rien (à part dire que les gens idiots). Ce choix s'avère décevant, une histoire de moins aurait surement permis d’avoir un peu plus de détails, plus d’explication, plus de réalisme, plus de sentiments.
C’est beau de vouloir faire un gros casting pour donner plein de beaux rôles, mais il faudrait aussi penser au scénario. On survole beaucoup trop le sujet, c’est vraiment dommage de ne donner que deux tiers des explications scientifiques dans un film qui parle d’un virus vu de divers points de vue. Par exemple il y a un passage où Marion Cotillard explique des choses à un groupe, et ça aurait été une bonne idée d’activer le son pour savoir ce qu’elle raconte. Elle joue quand même une grande épidémiologiste mais ne prononce rien de scientifique…
Matt Damon joue un père, qui vient de perdre un bout de sa famille et ne semble juste pas du tout affecté. Jude Law joue un blogueur très influent, c’est juste un peu dommage de pas le voir vraiment bloguer. Kate Winslet et Gwyneth Paltrow ont des rôles un peu ingrats et finissent par faire jouer celles qui ne servent pas à grand chose. L’idée de départ de voir la contagion de divers points de vue était bonne mais trop d’histoires et de personnages ont tué le scénario.
Les pandémies sont très à la mode, tout comme critiquer l’industrie pharmaceutique (qui serait presque le grand méchant du film). Surfer sur les sujets tendances pour attirer le public c’est toujours bon pour le portefeuille, surtout quand on fait un film à gros budget (68 millions de dollars). On sort déçu par le film, il y a certes de très bonnes choses il faut le reconnaitre, mais le scénario est trop divisé et pas assez précis. Du coup il en perd toute sa saveur. Dommage.







