Trust : David Schwimmer critique le web et ses dérives
Trust est la nouvelle réalisation de David Schwimmer (Friends), sortie au cinéma le 18 janvier 2012. Liana Liberato a obtenu le prix de la Meilleure actrice au festival de Chicago 2010. Synopsis : Chez eux, en banlieue, Will et Lynn Cameron se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie, leur fille de 14 ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de 16 ans rencontré sur un forum – Will et Lynn ne s’inquiètent pas.
Ils se disent qu’il est normal que des adolescents échangent grâce aux nouvelles technologies. Après plusieurs semaines de conversations en ligne, Annie se sent de plus en plus attirée par Charlie. Même si peu à peu, elle réalise qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, elle continue à être fascinée par lui. Le masque finira par tomber et cela va déclencher un engrenage que personne n’aurait pu imaginer, mais qui changera définitivement la vie de toute la famille… Casting : Clive Owen, Catherine Keener, Liana Liberato, Jason Clarke, Viola Davis.
David Schwimmer est très connu pour son rôle dans Friends, beaucoup moins pour ses talents de réalisateur et pour son implication auprès de la Rape Foundation. Oui, c’est un homme engagé et aussi doué derrière une caméra ! Trust est une histoire qu’on connait un peu : une jeune fille tombe amoureuse d’un copain virtuel mais découvre peu à peu qu’il n’est pas celui qu’il dit être.
Quand elle le rencontre, tout bascule. L’âge de l’homme ne la fait pourtant pas fuir et ses actes immondes lui provoquent une sorte de syndrome de Stockholm hyper rapide. On a entendu des tonnes d’histoires sur les relations internet, la pédophilie, … Et quand on fait un film là dessus c’est difficile car on peut vite tomber dans le cliché et le bidon. Pourtant David Schwimmer réussit ici quelque chose de très fort, ça ne sent pas le réchauffé, le trop connu, ni le cliché.
L’interprétation et le scénario sont bien montés, la réalisation est bien faite alors que je pensais voir un genre de téléfilm. J’ai été bluffée par la qualité. Le sujet est difficile mais parfaitement bien maîtrisé à l’écran. La jeune actrice qui joue Annie est très douée malgré la difficulté du rôle et ce personnage chamboulé. On se plonge dans l’histoire et surtout on vit la souffrance et la douleur des parents. C’est ce qui est fort dans le film, on passe de la vie de la jeune fille à la situation d’incompréhension des parents et les deux sujets sont très bien adaptés face à nous.
Le film est là pour sensibiliser les parents comme les enfants sur les dangers d’Internet et de la pédophilie, mais c’est aussi un très bon drame. L’univers est très réalise et bien encré dans la génération, on admet vite qu’à 14 ans on sait ce qu'est le sexe, coucher, la pornographie, ... Le film montre ce que certains ne veulent pas voir, montre ces nouvelles générations plus ouvertes et trop ouvertes. Un génération qui perd trop rapidement son innocence.
L’éducation des enfants à l’âge de la technologie est très difficile et c’est une chose que le film ne manque pas de rappeler. La jeune fille se retrouve connectée à tout et un peu sans information, en pensant au bien et non au mal, comme si « tout n’arrive qu’aux autres ». Je pense que c’est dur pour les parents d’éduquer sur les nouvelles technologies, car ils ne sont pas nés avec, c’est encore trop flou pour eux et ça dépasse parfois leurs capacités.
Le film est un bon rappel, mais il ne faut pas généraliser. Il n’y a pas que des pervers pédophiles sur Internet. Le drame est donc réussi, la prestation est très bonne et la scène centrale du film qui aurait pu être crue est très bien suggérée et permet de faire fonctionner l’imagination… Un imaginaire toujours plus fort et plus horrible que les images. Une grande réussite pour un sujet aussi épineux, je m’attendais à une leçon, un téléfilm, mais non, c’est un vrai film dramatique ! Ma note : 8/10. Public : à partir de 12 ans.







