
Alors que Mulberry et Fendi nous ont proposé des collections riches en fourrure lors des dernières fashion weeks, londonienne et milanaise, des voix s'élèvent encore et toujours contre cette pratique et une question se pose à nouveau : la mode a-t-elle réellement besoin de la fourrure?
Entre les créateurs et la fourrure, c'est une grande histoire d'amour. Cependant, alors que certains designers (tels que Stella McCartney, Vivienne Westwood ou encore Calvin Klein) ont pris leur parti de n'utiliser que de la peau d'animal synthétique, certains, à l'instar de Karl Lagerfeld (qui en avait pourtant proposé en 2010) continuent à offrir à leurs clientes de véritables peaux de bête.
Ce n’est pas la première fois que la maison italienne est dans la ligne de mire des protecteurs des animaux. L’an dernier, alors qu’elle devait assurer un show à Seoul, la maison de couture s’était vue interdire l’utilisation de la fourrure. Le jour du défilé des manifestants avaient protesté, scandant "Non à la fourrure, Non à Fendi", bien que la marque avait consenti à retirer certaines pièces de sa collection. Mais comme l’avait ensuite rappelé le porte-parole de la griffe, la fourrure fait partie de l’ADN de la maison, que cela dérange ou non.
Cependant, il n'y a pas qu'entre les designers et la rue que la fourrure fait débat. Les créateurs peuvent également se déchirer entre eux à ce sujet et c'est d'ailleurs ce genre de pratiques qui auraient rebuté Stella McCartney, la poussant à refuser de reprendre la direction artistique de la maison Gucci au moment où Tom Ford la lui aurait proposée. "Il m'a dit: 'Viens tout simplement au studio et regarde tout. Peut-être que tu finiras par accepter.' Comme si toutes ces peaux d'animaux exotiques et cette fourrure d'hamster allaient me retourner et me faire changer toute mon éthique", s'est-elle récemment souvenue pour le New York Magazine.
Car pour des raisons d’éthique ou commerciale, certains créateurs ont désormais banni la fourrure de leurs collections, utilisant de la peau de bête synthétique en guise de compensation. Une bonne idée ? Il semblerait, sachant que certaines lignes réalisées à base ces ersatz rencontrent un grand succès (comme la collection d’automne de Chanel en 2010), ressuscitant un esprit cheap et chic et qui plus est, conscient de son environnement. Mais quid du luxe à ce moment-là ? Car la plupart des grandes griffes de couture existent avant tout pour véhiculer une image opulente, qui passe par certaines matières nobles telles que des étoffes soignées et de la fourrure. Fendi, qui se targue de vivre fourrure depuis ses débuts serait-il toujours Fendi avec de la peau de bête synthétique ? Essayez de retirer le tweed des podiums Chanel et c’est tout un symbole, un héritage qui disparait.
De là à dire qu’il faut conserver la fourrure envers et contre tout, il n’y a qu’un pas. Cependant, étant donné le prix d’un véritable manteau en peau de bête, on pourrait avancer que peu d’entre nous peuvent se l’offrir et qu’il est donc inutile d’en faire tout un tintouin, étant donné que peu de pièces seront mises en circulation. La loi de l’offre et de la demande joue aussi un rôle : Fendi, maison fondée depuis 1925 aurait arrêté de produire des articles en fourrure depuis belle lurette si cela ne lui apportait aucun bénéfice. Quoi qu’il en soit, les adoratrices et les opposées à la fourrure continueront longtemps à s’affronter sur ce terrain. Le débat est ouvert.

Comme pour la viande, on doit s'informer d'où vient la fourrure qu'on achète. Certains fabricants se préoccupent réellement de la provenance de ce qu'ils se procurent et pour certains animaux (ex: coyote), la trappe permet d'équilibrer la faune des régions où ils sont chassés (en Estrie, au Québec, la trop grande population de coyote a, pendant un moment décimé les autres espèces sauvages). Je suis pour la fourrure, mais pas à n'importe quel prix. Comme pour tout marché, ce doit être fait de façon responsable. Je suis toutefois terriblement contre la fausse fourrure. La fausse fourrure est fabriquée à partir de produit du pétrole de façon très polluante et n'est pas biodégradable! Un manteau de fourrure prendra des centaines, sinon des milliers d'années avant de se décomposer (beaucoup plus que les personnes qui le porteront!) Consommer de façon responsable est la clé!