Festival de Cannes 2011: Une édition haute en couleurs

Info rédaction, publiée le 22 mai 2011
Cette année, le festival a encore eu son lot d'émotions fortes

A quelques heures de la cérémonie de clôture du 64ème Festival de Cannes, l'excitation grandit sur la Croisette. Avant de connaître la palme d'or de cette année, l'occasion de revenir sur un festival riche en rebondissements.

Dans quelques heures, on saura enfin quel film remporte la palme d'or de ce 64ème festival de Cannes.
C'est Woody Allen et son Minuit à Paris (présenté en ouverture, hors compétition), qui auront annoncé la couleur de cette édition mercredi 11 mai : du réel, mais pas du plombant. Oubliés les longs-métrages torturés, les héros qui broient du noir, cette année, les cinéastes ont essayé de trouver un équilibre dans l'émotion. Mais au-delà des films, pour cette 64ème édition on en a vu de toutes les couleurs sur la Croisette.

Brune
La chemise agitée par le réalisateur Lars Von Trier. Suite à ses propos sur Hitler (une plaisanterie, dira-t-il ensuite), le cinéaste est désormais sur la liste noire de Gilles Jacob, président du Festival. Après son coup d'éclat de mercredi, où il a notamment déclaré "avoir de la sympathie pour Hitler", devant une assistance médusée et aux côtés de ses actrices, Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst, il est la première personnalité à être exclue du Festival de Cannes. Déclaré persona non grata par le conseil d'administration du Festival, son film Melancholia est toujours en compétition, mais le cinéaste ne pourra cependant pas venir récupérer son prix s'il venait à en recevoir un.

Jaune
Le rire de ladite Kirsten Dunst, gênée par les propos de son metteur en scène à la conférence de mercredi. Sentant le pire venir, elle tentera même de l'arrêter avant que celui-ci ne lui réplique "Attends, tu vas voir où je veux en venir." Le monde entier a vu. 

Rose bonbon
La parade amoureuse de Brad Pitt et Angelina Jolie. Marion Cotillard, étant restée à Paris, il aura fallu compter sur une autre actrice que la môme pour nous conter la vie en rose. Et c'est Angelina Jolie qui a accepté de relever le défi. Venue défiler sur la Croisette, elle était, une fois n'est pas coutume accompagnée de Brad Pitt. Et même si le couple ne présentait pas de film ensemble, c'est tout de même en duo qu'ils ont foulé le tapis rouge. Le procédé était le même que les années précédentes: monsieur monte les marches avec l'équipe du film qu'il vient défendre, puis redescend chercher sa douce qui l'attend au bas des escaliers. Trois pas de danse, un baiser, un câlin et les voilà déjà repartis.

Or
L'hommage réservé à Bébel. Ça faisait dix ans qu'on ne l'avait pas vu sur la Croisette, mais cette année, Jean-Paul Belmondo, mis à l'honneur par le festival,a fait un retour en fanfare. Et ça a commencé sur le red carpet, qu'il a foulé avec sa compagne Barbara Gandolfi. Au lieu de faire crépiter leurs flashs, les photographes présents ont marqué une pause et pris le temps d'applaudir l'acteur. Un peu plus tard dans la soirée, c'est le président du Festival, Gilles Jacob qui lui a remis une palme d'or d'honneur pour récompenser l'ensemble de sa carrière. L'acteur s'est dit "touché" de tant de reconnaissance de la part de la profession.  

Bleu-blanc-rouge
La sélection française en compétition cette année. Les cinéastes français étaient déchaînés et ont proposé pas moins de quatre longs-métrages. D'un côté le très national, Polisse, de Maïwenn, qui suit les pérégrinations d'une équipe de la brigade des mineurs, suivi de l'acclamé Pater d'Alain Cavalier, mais aussi du rétro The artist (Michel Hazanavicius) ou encore du très féminin La source des femmes de Radu Mihaileanu.  

Vert
Symbole de l'envie ressentie par des millions de femmes pendant ces douze jours. La robe déstructurée (signée Armani) de Zoe Saldana, le fourreau Cavalli de Bar Refaeli, la plastique impeccable de Cheryl Cole, les escarpins Dolce & Gabanna d'Eva Herzigova ou encore l'éternelle jeunesse de Jane Fonda, en passant par l'élégance décontractée d'Inès de la Fressange et les yeux émeraude d'Ashwarya Rai, les hommes en ont pris plein la vue tandis que les femmes ont ressenti une pointe de jalousie (d'accord, c'était plus qu'une pointe, mais on ne l'avouera jamais).

Blanches
Les nombreuses nuits passées dans les salles obscures pour les membres du jury et celles passées à faire la fête pour les nombreux festivaliers et stars qui s'étaient donné rendez-vous à Cannes.

Bleu layette
Le pyjama du petit Marcel Cotillard-Canet. Grande absente de la montée des marches du 11 mai pour la projection de Minuit à Paris dans lequel elle joue, Marion Cotillard a tout de même fait parler d'elle sur la Croisette en donnant naissance à son fils dans la nuit de jeudi à vendredi. Des parents acteurs, une naissance pendant le festival de Cannes, il semblerait que ce petit soit né sous les meilleurs auspices...

Noir et blanc
The artist, le dernier film de Michel Hazanavicius, qui met en scène Jean Dujardin dans un rôle... muet. Applaudie pendant vingt longues minutes à la fin de la projection, c'est la consécration pour l'équipe, d'autant plus que The artist est l'un des longs-métrages qui s'est le mieux vendu lors du marché du film. Cocorico!

Chaire
Le peau qu'habite Pedro Almodovar. De retour à Cannes avec un film très attendu, La piel que habito, qui marque une nouvelle collaboration du réalisateur avec l'acteur Antonio Banderas. L'occasion également de présenter au public sa nouvelle petite protégée, Elena Anaya. La dernière ibère à avoir tapé dans l’œil du cinéaste était Penelope Cruz. On connaît la suite.

Noir
Le smoking de Sean Penn, acclamé à deux reprises en haut des marches du palais des Festivals cette année. Une première fois pour la projection de The tree of life de Terrence Malick et une seconde pour celle de It must be the place de Paolo Sorrentino. Un triomphe. 

Rouge
Le tapis foulé par les stars et qui sera remballé ce soir, témoin privilégié (mais malheureusement muet) de tous les excès et les excentricités de ce 64ème Festival.