Fringe : le bilan de la 4ème saison

Fringe a refermé son 4e chapitre vendredi soir. Même si cette saison 2011-12 n'a pas répondu à mes attentes, trop brouillonne, trop clinquante et en même temps trop terne, voici l'heure des bilans. Peter a disparu. Ce qui était une très bonne idée de départ s'est muée en une ligne narrative erratique. On remplaçait Peter par Lincoln sans réussir à donner un espace à ce nouveau personnage. Lincoln a perdu son collègue, il sait que les métamorphes sont responsables et pourtant, jamais on ne donnera de réponse claire sur les motifs qui ont poussé David Robert Jones et in fine William Bell à créer ces super soldats et supprimer son partenaire. En outre, avec le retour précoce de l'enfant prodigue, on fermait la porte à un développement qui aurait donné une bouffée d'air à la série.

Quid de la réalité " orange ". Les personnages d'Amberville sont creux et sans substance, car ils ne finissent par exister qu'en fonction de Peter. Après un début prometteur dans lequel se confrontaient les deux réalités réunies plus ou moins contre leur gré, le monde de Walternate disparaît lui aussi de notre champ de vision. Évacuées aussi les prémisses de cette réunion hors normes et sa kyrielle d'implications ( pourquoi dans cette timeline FauxLivia s'est-elle fait passer pour Olivia, qu'est-ce qui a motivé la création du Pont et comment ? ). Dommage.

Les feux de l'amour. Les producteurs ont affirmé haut et fort que Fringe était centré sur des histoires d'amour de tous types. Curieusement, alors que la relation de Peter et Walter est primordiale, cette 4e saison met de côté un des ses atouts majeurs : John Noble. Se concentrant sur les amours contrariés du jeune Bishop, la série perd complètement sa dynamique. Olivia Dunham. Pendant toute la saison, Olivia n'a plus vraiment d'existence propre. Systématiquement définie par les autres personnages, Dunham, l'icône du féminisme, femme forte et volontaire, tombe bien bas : elle n'existerait que dans une relation avec Peter ( difficile d'admettre qu'elle perde ses souvenirs pour s'approprier ceux d'une autre, je sais bien que c'est de la science-fiction, mais ce n'est guère plausible ). En outre, elle sert constamment de faire-valoir aux autres personnages jusqu'au dernier épisode dans lequel elle comprend que toute sa vie, elle n'a été que la marionnette de ceux qui la manipulaient dans l'ombre. Triste constat qui efface ce que les saisons précédentes avaient mis en avant.

Nina Sharp. Autre oubliée de taille, la patronne de Massive Dynamic est bel et bien restée sur le carreau cette saison. Alors qu'au lieu de stand alones qui n'apportaient pas grand chose à la série, on aurait enfin pu développer le personnage de Nina Sharp et revenir sur quelques scènes de la 1ère saison ( comme la réunion de ce comité spécial, au cours de laquelle on apprend que leur mission est d'enquêter sur le Projet au cours du 2e épisode de la saison ) puisque c'était le jouet des producteurs cette année. A mettre dans le même sac, le pauvre Phillip Broyles, réduit aux utilités pendant 22 épisodes.

Faire plaisir aux fans. En dépit de leurs dénégations, les producteurs ne sont pas restés impartiaux cette saison. La dystopie orange leur a permis de décortiquer la série jusqu'à la lie, sans vraiment donner de réponses sous le prétexte d'offrir aux fans une vision différente de Fringe... dites-moi si je me trompe, mais ce n'est pas ce que font déjà les auteurs de fanfictions ? William Bell. Ne vous méprenez pas, j'adore Leonard Nimoy. Je suis prête à m'asseoir pour le regarder lire l'annuaire. Mais pourquoi Bell devrait-il être la justification d'une narration embrouillée ? Le personnage est important, mais l'arrivé de ce deus ex machina pour le twist final ne justifie pas que Bell, dont on ne sait finalement pas grand chose, n'existe qu'au détriment du développement de David Robert Jones et Nina Sharp, par exemple.

L'intelligence des téléspectateurs. Le nombre invraisemblable de stand alone de la saison a brisé le rythme narratif tout en empêchant l'intrigue principale d'aller de l'avant. Oui, ceux qui regardent la série ont un cerveau, mais remettre constamment sur le tapis le même système ( le cas de la semaine qui se réfère à telle ou telle situation d'un personnage voire de plusieurs ) n'est pas leur rendre hommage. A cela il faut ajouter le 19e épisode qui tue un peu plus évidemment un suspense déjà inexistant. La 5e saison apportera-t-elle vraiment les réponses que nous attendons tous ? Si on prend comme modèle la 4e saison, la réponse est clairement non.

Cependant, dans une optique plus optimiste, ou moins pessimiste, selon que votre verre est à moitié plein ou à moitié vide, voici une liste de quelques questions. Ils arrivent. Comme je le disais plus haut, le suspense est absent. Les Observateurs arrivent et ils sont méchants ! Heureusement, nous avons September dans notre manche, cela suffira-t-il ? Va-t-on directement sauter en 2015 au moment de la Purge et assister dès le premier épisode de la saison à la énième mort d'Olivia Dunham ? Où est Bell ? Quand il a fait tinter sa cloche ( ça serait bien d'arrêter ça d'ailleurs ), s'est-il téléporté sur le pont de l'Enterprise ou dans une autre dimension ? Son personnage va-t-il enfin servir à quelque chose ? Il semblerait que l'emploi du temps de Leonard Nimoy décidera.

Henry jr / Henrietta. L'enfant de Peter et Olivia est attendu comme le Messie ou quelque chose d'approchant. Avec 13 épisodes dans leur baluchon, les scénaristes n'auront pas le temps de le faire grandir. D'où des probables sauts dans le temps. Mais ce n'est pas une jolie route de briques jaunes ou pavées de roses qui s'ouvre devant cet enfant de l'amour. D'abord, c'est le premier enfant inter-dimensionnel qui pourra, pourquoi pas, en clignant des yeux aller d'une réalité à l'autre. Ensuite, il aura sûrement des super-pouvoirs ( comme Alia dans Dune ), vu qu'il a été conçu quand sa mère était complètement shootée au Cortexiphan. Et là, on peut s'attendre à n'importe quoi vu les excès dont on a été témoin avec Brave New World.

Le Pont. Va-t-on revoir ceux d'en face ? Je reconnais bien volontiers que là, c'est en moi la midinette qui parle. Je veux revoir Lincoln. Et puis aussi Walternate. Walternate et Walter qui font des pancakes en buvant des milkshakes, ce serait le must. Et bien sûr FauxLivia. Elle est trop fun ! Ou est-ce que le fait d'avoir arrêté Bell pourrait faire fusionner les deux univers ? Oui, j'extrapole. Les mutants. Encore une mauvaise bonne idée laissée en plan cette année. Après les métamorphes, les mutants. Bon, pourquoi pas. Mais cela sonne plutôt comme quelque chose laissée en plan par les scénaristes. Est-ce que Walter va les récupérer dans son labo ? Ce serait cool mais je me doute peu praticable. On ne les reverra sûrement pas à moins d'établir un contrat de licence avec Marvel et de rapatrier le professeur Xavier. Est-ce qu'on est déjà en septembre ?