Jacques Chirac : des mémoires très critiques
Si Jacques Chirac dresse l’éloge de certains dans ses mémoires, il en égratigne d’autres au passage.
Sans surprise, Bernadette Chirac a droit à un hommage appuyé de celui qu’elle a épaulé depuis son entrée en politique. Déjà présente lorsqu’il était maire de Paris, elle l’a soutenu à Matignon, à l’Elysée, mais aussi dans les moments de doute.
Plus surprenant, au contraire, est l’hommage rendu à François Mitterrand, l’adversaire de toujours, celui à qui Jacques Chirac finira par succéder après avoir échoué à le remplacer à la tête de l’Etat. Jacques Chirac lui reconnaît un « amour de la France » et a pour lui le respect que l’on a pour un adversaire qui se révèle à sa mesure, soulignant sa « finesse de jugement » et son « intelligence tactique ».
Par contre, Jacques Chirac ne cache rien de l’animosité qui a marqué ses rapports avec Valéry Giscard d’Estaing. Les deux hommes n’ont jamais réussi à s’entendre, et l’ancien président révèle que cela a été de mal en pis au fil des ans : « La communication a toujours été difficile entre Giscard et moi, avant de devenir impossible à la fin de son septennat, tant j'ai du mal à comprendre ses réactions, ses façons d'être et sa psychologie ».
Et c’est finalement pour son propre camp que Jacques Chirac réserve ses propos les plus durs. D’abord pour Edouard Balladur, qu’il avait contribué à faire nommer premier ministre. Ce dernier s’est en effet présenté à l’élection présidentielle de 1995, alors que Jacques Chirac était le chef du parti. Une « trahison » que celui qui réussira malgré tout à être élu président de la République a très mal vécue : « J’avais confiance en Edouard Balladur ». Et, révélant qu’un accord avait été conclu entre eux, Edouard Balladur s’engageant à ne pas se présenter à l’élection présidentielle : « Au fond de moi, j'ai encore peine à croire que le Premier ministre soit en train de trahir ses engagements ». Jacques Chirac a également mal vécu le ralliement de Nicolas Sarkozy au camp d’Edouard Balladur.