Jean-Luc Godard vole au secours d'un pirate !
Jean-Luc Godard n'a jamais caché son opposition à la loi Hadopi, qui vise à lutter contre le téléchargement illégal d'œuvres artistiques. Et le cinéaste ne se contente pas de paroles, il va bien plus loin en offrant son aide financière à un pirate condamné pour avoir téléchargé et mis à disposition des internautes, plus de 13.000 fichiers musicaux.
James Climent, un pirate nîmois, s'est vu condamné à verser 20.000 euros de dommages et intérêts à la SACEM et la SDRM. Son crime ? Avoir mis en partage quelque 13.788 fichiers mp3. Après avoir épuisé tous les recours possibles devant la justice française, l’internaute a saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Mais cette procédure est aussi longue que coûteuse, et c'est pourquoi James Climent a décidé de lancer un appel aux dons sur son blog.
Le pirate a réussi à récolter un peu plus de 1.000 euros, jusqu'au jour où il a reçu un don de Jean-Luc Godard. Le cinéaste franco-suisse lui a versé 1.000 euros. "J’ai reçu il y a quelques jours un mail du producteur de Godard, qui m’écrivait au nom du réalisateur. Il avait décidé de me soutenir pour payer mes frais de défense", raconte James Climent qui a, au début, eu beaucoup de mal à y croire. Mais il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague, Jean-Luc Godard a découvert l'existence de l'internaute grâce un article que Libération lui a consacré en août dernier. Il a immédiatement eu envie de l'aider.
Résolument opposé à l'Hadopi, le réalisateur avait déjà exprimé son opposition à cette riposte graduée qui, en dernier recours, autorise la coupure de la connexion Internet des personnes coupables de téléchargement illégal. "Le droit d’auteur, vraiment c’est pas possible. Un auteur n’a aucun droit. Je n’ai aucun droit. Je n’ai que des devoirs. (...) Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n’y a pas de propriété intellectuelle" avait-il expliqué en mai dernier lors d'un entretien accordé aux Inrocks.