John Galliano: 10 000 Euros d'amende pour le couturier

Info rédaction, publiée le 22 juin 2011
Le couturier a été condamné à payer deux amendes de 5000 euros

A l'issue d'un procès qui aura duré presque six heures, le couturier John Gallianoa écopé de deux amendes de 5000 euros.

Selon la procureure de la République en charge de cette affaire, on jugeait aujourd'hui "le racisme de comptoir, de parking, de supermarché". Cependant, c'est un procès au cours duquel aura tout de même flotté un parfum d'humour, notamment lorsque cette dernière s'est adressée au couturier à la fin de l'audience, lui déclarant. "Ce n'est jamais évident de se rappeler qu'on a été quelqu'un de moche. [...] Tu t'es vu quand t'as bu ?"

C'est un homme plutôt perdu que l'on a retrouvé lors de ce procès. Présentant ses excuses à ses victimes, il a également avancé ne pas se souvenir des faits qui lui sont reprochés, tout en plaidant avoir traversé une mauvaise passe à ce moment-là. Se remettant difficilement du décès d'un ami proche (en 2007), duquel a découlé une addiction aux somnifères, au Valium et à l'alcool, le couturier a tenté de faire vibrer la corde sensible de la cour. En essayant de faire valoir le fait que son travail le montre comme un homme ouvert ("Il suffit de regarder mon œuvre pour voir que j'embrasse toutes les cultures, toutes les religions", a-t-il déclaré), il est également revenu sur sa jeunesse, avançant qu'il avait été lui-même victime de discrimination en raison de ses origines espagnoles et de son homosexualité.

Pendant plus de cinq heures, les témoins, victimes et avocats des deux parties se sont succédés à la barre. Certains tentant d'innocenter le couturier, comme cette Américaine, témoin de la scène, qui assure ne pas avoir entendu John Galliano proférer d'insultes antisémites. De leur côté, les plaignants ont tenu à souligner l'acharnement dont ils ont été victimes, de la part du styliste, comme de celle d'inconnus. Certains rapportent en effet avoir été suivis, surveillés ou avoir remarqué des dégradations de leurs biens personnels. La pression dont a été victime le designer a également été avancée.
Cependant, les associations du Mrap, de la Licra et SOS Racisme, présentes également, ont pour leur part parlé d'affaire "banale", réclamant que la jurisprudence soit appliquée normalement.
A l'issue d'une audience longuissime, la procureure, après avoir reconnu que le couturier n'était pas "un idéologue du racisme", l'a condamné à verser deux fois 5000 euros d'amende, soit 10 000 euros en tout. 
Selon son avocat, Maître Hamelle, "John Galliano est désolé d'avoir causé de l'émoi." D'après lui, l'homme présent au tribunal aujourd'hui "n'est pas celui qui a été arrêté par la police", qui ne maîtrisait pas ses propos lors des altercations. En conclusion de quoi, il semble vouloir laisser toute cette affaire derrière lui en avançant une fois de plus le talent de son client. "Je préfère regarder 30 ans de carrière plutôt que 40 minutes d'égarement", a-t-il déclaré à la fin de l'audience avant de demander la relaxe du styliste.
Après de nouvelles excuses de la part de John Galliano, la 17ème Chambre du tribunal correctionnel de Paris annonce que le couturier sera fixé sur son sort judiciaire le 8 septembre prochain, avant de lever l'audience.