
Lindsay Lohan, c'est un peu l'actrice hollywoodienne sur laquelle tout le monde aime taper, même lorsque ce n'est pas forcément mérité. Bientôt à l'affiche du film The Canyons, un reporter du New York Times a suivi le tournage. Edifiant.
Sur un tournage, Lindsay Lohan c'est l'actrice qui fait des étincelles. Encensée à ses débuts, elle a ensuite sombré dans la drogue, l'alcool et bien d'autres choses qui l'auront conduite jusqu'à la prison. Tous les ans ou presque, un réalisateur croit en elle et entend bien ressusciter sa carrière... sans vraiment savoir dans quoi il s'engage. Car Lindsay Lohan ne semble pas franchement savoir ce qu'elle veut.
Le premier rôle ou rien
Comme le rapporte tout d'abord le journaliste, Lindsay Lohan n'avait pas été castée pour le premier rôle. Cependant, lorsqu'elle arrive à une rencontre avec le producteur et le réalisateur, elle est ferme: "Salut ça va? Je ne tiendrai pas le rôle de Cynthia. Je veux Tara. Le premier rôle." Aussitôt dit, aussitôt fait. Seulement, offrir un premier rôle à la Lohan c'est prendre un gros risque: si elle ne termine pas le tournage, adieu veau, vache, cochon, couvée, les rushs ne serviront à rien les budgets seront jetés par les fenêtres.
C'est d'ailleurs pour cela qu'à la frasque de trop, Paul Schrader, le réalisateur, décide tout simplement de se séparer d'elle alors qu'elle ne donne pas signe de vie durant plusieurs jours avant le début du tournage. Bien lui en aura pris, Lohan voyage alors jusqu'en Floride pour traquer sa chambre d'hôtel (elle frappe à toutes les portes jusqu'à trouver la bonne) pour le supplier de la reprendre. Après avoir vérifié que les essais d'une actrice française, elle aussi en compétition, ne sont pas meilleurs, il accepte de réengager son actrice, mais la voilà prévenue.
Des caprices dans tous les sens
Dès la lecture du scénario, l'équipe se doutait que l'aventure serait difficile. Alors que Lindsay Lohan se pointe en retard de plusieurs heures, lorsqu'elle arrive, sa co-star, James Deen (acteur porno au pseudo évocateur) voit que son nom est rayé sur le script de Lohan. Car la demoiselle aurait préféré travailler avec quelqu'un d'autre, qui lui aurait moins volé la vedette. Tandis que le réalisateur lui affirme que ce qui ressortira du film (et de ses scènes de sexe osées) sera tout simplement James Deen, "J'en ai bien peur", lui répond-elle, planquée dans un placard.
Et les scènes de sexe, parlons-en étant donné qu'elle sont au cœur de ce film, dont le scénario a été écrit par Brett Easton Ellis. Dès le départ, le réalisateur explique qu'elles sont non-négociables, notamment celle d'une partie à quatre... à laquelle Lohan tentera d'échapper en s'enfermant dans un placard et refusant d'en sortir. Seule parade trouvée pour la faire participer: Schrader se déshabille à son tour.
Mais en plus de coûter de l'argent à la production (ce café réservé pour une matinée lors de laquelle Lohan arrive se plaignant d'un mal de tête alors qu'elle a fait la fête jusqu'à 5h30 avec Lady Gaga et qu'il faudra booker à nouveau le lendemain), Lohan leur demande aussi beaucoup de temps et ses retards mettent en péril toute l'organisation: quand y'a plus de lumière, ben y'a plus de lumière. Cependant, Lohan ne semble pas s'en inquiéter outre-mesure: elle est la star du film, une fois que le tournage est commencé, elle ne peut plus être renvoyée. Et elle le sait.
Un talent tout de même
Toutefois, il y a tout de même de rares moment où l'actrice surprend le plateau. En retard oui, n'en faisant qu'à sa tête concernant son maquillage oui, mais bonne actrice. En témoigne cette scène où elle doit pleurer au moment de quitter son amant. Elle s'isole dans sa loge, tout le monde pensant qu'elle prend encore une pause de diva avant qu'ils ne commencent à l'entendre pleurer de plus en plus fort. Lorsqu'elle revient sur le plateau, son interprétation est parfaite. Et quand le journaliste laisse entendre qu'elle pourrait peut-être encore avoir un don, elle répond: "Je sais. J'essaye. J'essaye vraiment."
Pour sa part, Schrader est catégorique. S'il a choisi Lohan, c'est parce qu'elle lui plait et qu'il est persuadé qu'elle sera parfaite dans ce premier rôle féminin. Et lorsqu’à la fin du tournage on lui demande s'il referait les mêmes choix s'il avait l'occasion de recommencer, il n'hésite pas à répondre par l'affirmative. Et plus encore: il veut la diriger dans son prochain film, sans co-star. "Elle sera parfaite", jubile-t-il. Avec ça, sûr qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'elle...
