Rodrigo y Gabriela au Trianon de Paris

Le duo mexicain, virtuose de la guitare acoustique – speed et rythmique –était de passage à Paris pour la seconde fois en 15 jours.
Après le Zénith, c’est le Trianon, superbe théâtre à l’ancienne, à deux pas de L’Elysée Montmartre, que les 2 guitaristes investissaient.
Autant vous le dire, ce lieu classieux et intime s’est vite transformé en véritable chaudron en ébullition !
On pourrait s'attendre à voir un récital de guitare flamenco, avec quelques accents « métal » de ci de là… Pas du tout !
Rodrigo y Gabriela ont su créer un style, un son bien à eux !
C’est hyper rythmé, super carré, propre et rempli de finesse.
Elle, s’occupe principalement des rythmiques avec une technique tout simplement hallucinante : elle se sert de son poignet et de ses doigts pour faire une sorte de mix tabla/slap de basse sur le corps de sa guitare. Ses mains vont à une vitesse supersonique. Le son est totalement inédit et hyper dynamique. Ca claque !
Lui, fait tout le reste : mélodies, soli dans tous les sens, rythmique en béton, arpèges mélodiques… la totale. C’est un vrai monstre !
Les morceaux, dont la structure est basée pour la plupart sur des riffs « bêtons » de métal en mode acoustique, sont prétexte à rajouter par-dessus des subtilités/fantaisies classiques, jazz, flamenco ou encore blues… Le résultat est explosif !
Le son qui sort de ces 2 guitares mélangées est tout bonnement extraordinaire, et inédit.
Et le duo en profite pour reprendre à sa guise de grands classiques du rock, avec une mention spéciale pour Metallica, l’influence principale non cachée du groupe (le morceau « Orion » est un highlight de leur concert).
Au programme, en vrac, il y avait  :
"Seven Nation Army" des Whites Stripes, "La vie en rose" d'Edith Piaf, "Lithium" de Nirvana, "Wherever i may roam", "One", "Hit the light" de Metallica…
2éme temps fort du concert : l’arrivée sur scène d’Alex Skolnick, le légendaire guitariste du groupe Trash de la bay area : Testament !
Le trio a repris "Chan Chan" de Company Segundo, puis s’est laissé allé à des soli et un final complètement rock où Skolnick a branché sa Les Paul pour nous délivrer un solo métal bien baveux.
Le public était en transe !