Romain Duris : sur scène, il confie ses peurs

Info rédaction, publiée le 12 janvier 2011
Romain Duris n'a plus peur des trous de mémoire

Romain Duris fait ses débuts au théâtre et se lance un sacré défi en déclamant un monologue de Bernard-Marie Koltès mis en scène par Patrice Chéreau. C'est donc une grande première pour cet autodidacte qui ne s'était pour l'instant frotté qu'au cinéma. Madame Figaro a tenu à s'entretenir avec lui et recueillir ses impressions face à un public différent chaque soir. 

L'acteur est heureux d'avoir sauté le pas, de s'être élancé sur la scène du Théâtre de l’Atelier dans le monologue La nuit juste avant les forêts. Ici, il l'explique très modestement, il a tout à apprendre et le plus dur est se s'habituer aux sensations si particulières que procurent les représentations sur scène. Sa plus grande peur, au début, était les trous de mémoire, mais aujourd'hui, il a appris à improviser. A ce propos, Romain Duris confesse : « Cela m’arrive tous les soirs à des endroits différents. Je suis en plein dedans, en train de parler, et paf ! j’ai un petit trou. Au début, j’avais peur. C’est comme une cellule dans mon cerveau qui vient me faire dérailler, un dieu, un zigoto qui se marre là-haut. “Tiens, on va voir comment il réagit !” Et là, sans doute grâce au cinéma, j’ai réalisé que je ne me bloquais pas au mot. Je continuais l’idée avec mes mots dans l’énergie, l’émotion de l’instant, en pensant : pardon Koltès. J’arrive à me rattraper et c’est cohérent, donc je n’ai plus peur. »