La guerre des boutons, Fright Night, Crazy Stupid Love : les films du 14 septembre
Et maintenant on va où ?
Deuxième long métrage de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, après
le remarqué et excellent Caramel, Et maintenant on va où ? a été
sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes 2011, dans
la section Un Certain Regard. La réalisatrice a reçu le Prix François
Chalais, et la Mention Spéciale du Jury œcuménique du Festival de
Cannes. "L'idée de ce film est partie d'une flambée de violence le 7
mai 2008 au coeur de Beyrouth.. Je venais tout juste d'apprendre que
j'étais enceinte : je me suis demandée jusqu'où j'irais pour protéger
mon enfant. Et je sais que j'irais très loin (...) On sait qu'il suffit
d'un rien pour que ça explose et on en a marre de ces conflits
interreligieux ", déclare-t-elle.
De quoi ça parle ? D’un groupe de femmes de toutes religions, prêtes à
tout pour distraire l’attention des hommes du village et leur faire
oublier leur haine et leur différence. C’est avec qui ? La plupart des
acteurs sont amateurs, Claude Msawbaa, Leyla Fouad, Antoinette
El-Noufaily. La réalisatrice, elle, interprète le rôle d’Amale.
Fright Night
La sortie alléchante de la semaine, c'est Fright Night de Craig
Gillepsie (Une fiancée pas comme les autres et Monsieur Woodcock),
remake de Vampire, vous avez dit vampire ?, un film d'horreur de 1985.
Le film a été projeté au Festival de Deauville 2011 en sélection
officielle hors compétition. La scénariste, elle, a participé à
l'écriture de nombreux épisodes de la série Buffy contre les vampires.
"À une époque où les vampires ont investi le cinéma et la télévision,
l’effet de surprise et de suspense traditionnellement attaché au monde
des vampires s’est envolé. L’image romantique du vampire domine la
culture d’aujourd’hui. On a voulu se démarquer de cette tendance-là",
explique-t-elle.
De quoi ça parle ? De Charlie Brewster, élève de terminale populaire.
De sa petite copine super canon. De sa mère. De son voisin, aussi.
Jerry, un dangereux vampire... C’est avec qui ?
Anton Yelchin (Le Complexe du castor) en Charlie, Colin Farrell en
Jerry, Toni Collette (In her shoes, The Dead Girl) dans le rôle de la
mère et Imogen Poots (28 weeks later) dans celui de la petite-amie.
Q
Après 24 heures dans la vie d’une femme, et L’Invité, Laurent Bouhnik
change de cap avec Q, œuvre sulfureuse à classer entre Romance de
Catherine Breillat et Intimité de Patrice Chéreau. On note que le film
est interdit aux moins de 16 ans. L’annonce internet était, d’ailleurs,
très claire : "Pour ce film sur le plaisir et le désir, nous
recherchons acteurs/actrices de 20 à 40 ans professionnels ou amateurs
qui acceptent de tourner des scènes avec des actes sexuels non simulés.
Nous cherchons de vrais comédiens capables de jouer des sentiments, de
faire rire, pleurer, d'exciter, capables de faire passer des émotions
auprès de spectateurs".
De quoi ça parle ? Des amours de Cécile, 20 ans, complètement paumée
après la mort de son père. D’Alice et de son copain Matt. De Virginie.
De leur quotidien, amoureux, sexuel. C’est avec qui ? Deborah Révy,
Gowan Didi et Johnny Amaro.
Crazy Stupid Love
Cette semaine signe le retour du duo Glenn Ficarra et John Requa avec
Crazy, Stupid, Love, après le génial I Love You Phillip Morris. David
A. Siegel, producteur exécutif du film, est aussi celui de Very Bad
Trip. Pour Steve Carell, acteur principal, la force du film est
d’éviter tout cliché : "C'est un choix intéressant en terme de script,
de donner à la femme la crise de la quarantaine et non à l'homme, comme
c'est souvent le cas. Ce n'est pas l'homme qui commet l’adultère mais
elle. Cette notion donne au film une réelle différence", dit-il.
De quoi ça parle ? De Cal Weaver, mec lambda avec gamins, femme et
maison. De sa vie qui bascule après l’infidélité de sa femme, Emily. De
sa nouvelle et difficile vie de célibataire divorcé. C’est avec qui ?
Un beau casting : Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Emma
Stone, Marisa Tomei, Josh Groban et Kevin Bacon.
Warrior
Côté américain aussi, on note la sortie du musclé Warrior de Gavin
O’Connor, dont la sortie avait été reportée pour éviter la concurrence
directe avec Fighter de David O’Russell. Gavin O’Connor est le
réalisateur du Prix de la loyauté, qui s’intéressait à une relation
complexe père/fils. Ici, il s’agit de deux frères. "Tommy et Brendan se
battent tous les deux pour quelque chose d’important, on a donc envie
que les deux gagnent. La vraie victoire de Tommy, c’est la défaite. Il
a besoin d’être détruit par les propres mains de son frère pour
renaître. Cette situation a quelque chose de biblique, de
shakespearien, mais raconté dans un contexte moderne", commente le
réalisateur.
De quoi ça parle ? Du tournoi d’arts martiaux mixtes qui va opposer
deux frères : Tommy Conlon, ancien marine rentré au pays et Brendan,
qui lui en veut d’avoir laissé derrière lui sa famille. C’est avec qui
? Joel Edgerton (Animal Kingdom), Tom Hardy (Inception) et Jennifer
Morrison (How I met your mother).
La guerre des boutons
Dans le genre combat, en voici un… cinématographique avec La Guerre des
Boutons de Yann Samuel (Jeux d’enfants et L’Age de raison), adaptation
du livre de Louis Pergaud, devenu populaire grâce à une première
adaptation cinématographique en 1961 tournée par Yves Robert. Il ne
s’agit donc pas d’un remake du célèbre film. On note que le film sort
une semaine avant une autre adaptation du livre : La Nouvelle guerre
des boutons signée Christophe Barratier. Les deux projets ont été
lancés en même temps par deux producteurs différents, Marc Du Pontavice
et Thomas Langmann. Un autre genre de combat.
De quoi ça parle ? D’un village dans le sud de la France en 1960. D’une
bande de garçons, âgés de 7 à 14 ans. De leur guerre menée contre les
enfants du village voisin. C’est avec qui ?
Eric Elmosnino, Mathilde Seigner, Fred Testot et Alain Chabat. Plus
forts que Jugnot, Casta, Merad et Canet la semaine prochaine ? La
guerre du box office commence !
La Fée
Retour du trio Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy avec La Fée,
leur troisième long métrage, projeté à Cannes cette année à la
Quinzaine des réalisateurs. Les deux premiers, L'Iceberg (2005) et
Rumba (2008), mettaient en scène les mêmes personnages fictifs, Dom et
Fiona, sur le même ton burlesque. « Le burlesque, c’est le désir de
faire rire les spectateurs avec des images, des cadres, des corps, des
couleurs, des sons, des décors, avec tous les outils que nous offre le
cinéma. Plus les situations des héros sont tragiques, plus il y a de
matière burlesque. La poésie, c’est indéfinissable, mystérieux, intime,
reposant, personnel, profond… La poésie et le rire, l’un nourrissant
l’autre et réciproquement », expliquent-ils.
De quoi ça parle ? De Dom, veilleur de nuit dans un petit hôtel du
Havre. De Fiona, une fée qui lui accorde trois souhaits. De leur amour.
C’est avec qui ? Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy.
Un tigre parmi les singes
Enfin, le film italien de la semaine : Un tigre parmi les singes de
Stefano Incerti, présenté à la Mostra de Venise, et au Festival du film
italien d'Annecy. Les deux précédents film du cinéaste traitaient
également sur de mafia et de violence : Complici del silenzio (2009) et
L' Uomo di vetro (2007). Pour ce film, Stefano Incerti dit avoir trouvé
source d’inspiration dans le Quatre nuits avec Anna, du réalisateur
polonais Jerzy Skolimowski.
De quoi ça parle ? De la descente aux enfers de Marino Pacileo surnommé
Gorbaciof, comptable à la prison de Poggioreale à Naples. C’est avec
qui ? Toni Servillo (Une Vie tranquille, Il Divo), Mi Yang et Geppy
Geijeses.
Le Sens de l'Age, Kinshasa Symphony
Pour finir, on note la sortie de deux documentaires. Le premier, Le
Sens de l’Age, est français, et est signé Ludovic Virot. Le metteur en
scène voulait montrer ce que vivent les gens de plus de 80 ans à notre
époque. Selon lui, seulement 15 % des plus de 80 ans seraient en
situation de perte d’autonomie.
Le second, Kinshasa Symphony, est allemand, et est signé Martin Baer et
Claus Wischmann. Il se déroule à Kinshasa, anciennement Léopoldville,
capitale actuelle de la République Démocratique du Congo et suit
l’histoire de 200 musiciens jouant la neuvième symphonie de Beethoven.
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