
Nous y voilà enfin. Après des mois de promotion délirante, le Batman de Nolan est enfin de retour dans les salles, pour s'élever une dernière fois avant de tirer sa révérence. The Dark Knight Rises sort ce mercredi 25 dans les salles, et c'est le rendez-vous cinématographique de la semaine (du mois, certainement) à ne pas manquer.
Le Chevalier noir se lève pour la dernière fois sous la houlette de Christopher Nolan. Car en dépit des succès de Batman Begins, The Dark Knight et (prenons le risque non-existant de nous avancer un peu) de The Dark Knight Rises, le réalisateur a décidé de raccrocher. Sept ans après nous avoir replongé dans les origines de Batman, Nolan nous offre son dernier voyage aux côtés du justicier masqué de Gotham. Un voyage aussi spectaculaire qu'émouvant qui vous laisse aussi rassasié que vide, lorsqu'il se termine.
Aucun spoiler ne sera ici dévoilé, par respect pour tous ceux qui ont la ferme intention d'aller vivre l'expérience nolanienne dans les salles dans les jours qui suivent. Pour les autres, qui espéraient avoir toutes les réponses à leurs interrogations sans même passer par la case projection, on gage que vous n'aurez pas de mal à trouver un spectateur conquis et bavard.
Si le précédent épisode de la saga faisait déjà office de chef d’œuvre dans la longue liste d'adaptations de Batman, The Dark Knight Rises n'a absolument rien à envier à son prédécesseur. Nolan réalise une nouvelle fois un exploit cinématographique qui conclut sa trilogie de la façon la plus magistrale qui soit. Son statut de maître, il le doit à sa capacité innée à créer une tension suffisamment dense pour que le spectateur se retrouve à s'accrocher à son voisin de fauteuil plus d'une fois, et cependant, suffisamment entrecoupée de moments plus calme (impossible cependant d'utiliser le terme de répit) pour recevoir les prochains coups de tension avec la violence souhaitée.
Le ton est donné avec la première séquence du film, spectaculaire. A partir de ce moment-là, Nolan vous tient, et il ne vous lâchera plus jusqu'au générique de fin, presque 3 heures plus tard. Pour l'aider dans sa tâche, il s'appuie plus que jamais sur Christian Bale en Bruce Wayne vieillissant, mais résolu à passer une nouvelle fois la cape de Batman sur son dos. L'autorité de son jeu en retenue, déjà admiré et hautement apprécié dans les deux volets précédents, atteint un niveau encore supérieur dans ce dernier épisode. Le génie de Nolan (auteur du scénario avec son frère Jonathan Nolan) réside en ce qu'il nous offre Bale davantage en Bruce, affaibli et rongé par ses fantômes, qu'en Batman. Dirigé d'une main de maître, l'acteur offre de purs moments de grâce, toujours portés pas sa puissante sobriété.
C'est sur un plateau d'or que Nolan nous livre une Catwoman (Anne Hathaway) qui fait honneur à celle qu'a été Michelle Pfeiffer tout en s'en émancipant avec brio, un Bane (Tom Hardy) dont la seule voix suffit à vous glacer le sang et un excellent Blake (Joseph Gordon-Levitt) qui permet de ne jamais délaisser la partie réaliste du film, dont la trame centrale reste la possible destruction de Gotham et de l'intégralité de sa population. A leurs côtés, Alfred (Michael Caine), Fox (Morgan Freeman) et Gordon (Gary Oldman), rivalisent eux aussi d'excellence dans les rôles qu'ils incarnent depuis 2005. Son casting étoilé, le réalisateur le dirige à la perfection.
Tout ce que Nolan a mis en place dans les deux volets précédents prend sens dans cet ultime épisode. Le scénario, hautement maîtrisé (même si quelques spectateurs pointus trouveront bien une ou deux choses à redire) et le sens du rythme inné du réalisateur (magnifié par la bande originale de Hans Zimmer), permettent au film d'atteindre une réelle perfection cinématographique, que rien ne pourra entacher (sauf peut-être votre voisin de droite s'il savoure trop bruyamment son pop corn).
Plus qu'un voyage, cette épopée se vit comme une apnée dont on ressort comblé, lessivé, et avec l'agréable sentiment d'avoir vécu quelque chose de spécial.
