
Quand Thierry Ardisson s’exprime, il ne connait pas la langue de bois. Rédacteur en chef d’un jour du site "Puremedias", il a accordé une longue interview à nos confrères. Une interview sans concession comme il en a l’habitude. L’homme en noir du PAF y donne sa vision sur la mauvaise passe que traverse actuellement France Télévisions, sur l’explosion des chaînes de la TNT, l’argent de la télévision, son envie de faire de la radio « pour être connu », distribue bons et mauvais points à ses consoeurs et confrères.
Il se dit très attristé par la situation de France Télévisions « parce que le Service Public, cela doit être l’Ecole du Peuple. Et aujourd’hui, quand je vois certaines émissions, je me demande ce que ça fout sur une chaîne publique. Il n’y a pas de raison de payer une redevance pour des émissions aussi creuses. » Thierry Ardisson ajoute qu’à la télé, « il y a un savoir-faire qui s’est perdu, aussi bien de la part des producteurs que des patrons de chaînes. » Il se dit « ravi que Bertrand Mosca revienne (Il a remplacé Claude-Yves Robin à la tête de France 2, NDLR) car lui au moins il connaît le business ! »
Concernant le patron de France Télévisions Rémy Pflimlin, son avis est sans appel. « Il faut un chef, on ne peut pas être dans le collégial et dans le consensus tout le temps. France 2 a beaucoup souffert de ça. » Et de citer en exemple Marie-France Brière, Dominique Cantien, Pascal Josèphe. « Ils décidaient franchement, ils n’allaient pas demander l’avis à 350 personnes ! » Ou bien encore : « Sur Canal, par exemple, c’est Rodolphe Belmer le boss ! »
Sur le cas Elisabeth Tchoungui qui présente le magazine culturel « Avant-première », Thierry Ardisson estime qu’elle n’est tout simplement pas à sa place. « Je ne connais pas Elizabeth Tchoungui mais il faut avoir un peu de background, un peu de bouteille, un peu de culture générale. Quand on parle de quelque chose, on doit savoir précisément de quoi il s’agit, explique-t-il. Tchoungui, je ne la juge pas, je l’ai vue 20 minutes et cela ne m’a pas du tout branché. Elle n’arrête pas de rire hystériquement, elle pédale dans la semoule, ce n’est pas sa faute mais celle des gens qui l’ont choisie. »
En tant que producteur, il admet se trouver devant un manque d’animateurs de talent. « Il y a de quoi flipper. Il y a eu Cauet et aujourd’hui il est au chômage. Il y a eu Fogiel, il est au bord de se faire virer de M6… » Seuls Daphné Bürki et Taddéi trouvent grâce à ses yeux. La première « réussit très bien : « Les Maternelles » sur France 5, elle a un côté fofolle, à la Christine Bravo, à la Jacqueline Maillan » et l’animateur de « Ce soir ou jamais » (France 3) est « vraiment une valeur sûre ».