
Time Out signe le retour en fanfares d’Andrew Niccol, génial créateur de The Truman Show (scénario), Bienvenue à Gattaca, Simone, Lord of War (scénarion et réalisation), et qui s’apprête à tourner The Host (qui n’a aucun rapport avec le film asiatique). Un réalisateur intègre donc, qui joue autour de thèmatiques de science fiction excitante, quand il ne livre pas un film sur le trafic d’armes. On a donc du mal à comprendre comment il a pu se fourvoyer à ce point en participant à Time Out (In Time en VO), essai de science fiction en apparence honorable qui malheureusement passe à côte de son sujet.
Pourtant Time Out réunit tout ce qu’il faut pour offrir le spectacle de l’année. Un sujet en or, une nouvelle futuriste laissant la place à l’action et un peu de réflexion ; l’âge maximum a été génétiquement ramené à 25 ans, mais le temps est compté : il faut travailler pour gagner du temps, et en vivre, sous peine de se voir « terminer » subitement. Les pauvres n’ont que 24 heures d’avance, et les riches plusieurs centaines d’années. Bref, critique sociale et course contre la montre pour s’en sortir, les rouages de cette grande horloge permettant de jouer sur plusieurs tableaux. En plus, Niccol se tape un casting conséquent des stars à la pointe de la mode : Timberlake, Murphy, Seyfried, Galecki, Bomer, Pettyfer et même Olivia Wilde.
Malheureusement trop convenu, Time Out descend de la hype attitude à un ennui global, tant les détails sont peu peaufinés. Ce genre de film demande de la précision, surtout aux vues de l’idée de base (à la seconde près). Mais des comédiens qui ne font pas tous réellement moins de 25 ans, au manque de réalisme envisagé à chaque séquence (le comble quand même, pour un film censé jouer la montre, et ne s’embarrasse même pas de calculer les durées), sans compter l’absence de réelle prise de hauteur sur le sujet, transformant l’ensemble en thriller futuriste sans envergure. Grosse déception pour Andrew Niccol, qui récupère là un sous-Inception sans grande saveur, défilé de la jeune génération hollywoodienne pour des concepts vite dépassés par l’envie d’en mettre plein la vue sans y arriver.