
Le 1er septembre prochain, A journey de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair sera en vente dans les librairies de Grande-Bretagne et des États-Unis. A cette occasion, M. Blair a fait savoir qu’il reverserait les recettes de cet ouvrage à un centre de rééducation pour soldats blessés de la Légion royale britannique. Cette annonce n'a laissé personne indifférent de l’autre côté de la Manche.
A Journey relate les années de pouvoir du Premier ministre anglais : de sa relation particulièrement difficile avec son successeur Gordon Brown jusqu'au choix d’impliquer son pays dans la guerre en Irak. Et c’est justement ce dernier point, que ses concitoyens ont du mal à pardonner et peu importe l’argent qu’il a l’intention de reverser au Battle Back Challenge Centre, car la suspicion sur le caractère désintéressé de sa donation est présente dans bon nombre d’esprits.
Le porte-parole de Tony Blair a expliqué : « Cette donation est une manière de saluer l’incroyable sacrifice réalisé par les troupes envoyées en Irak .» Dans la presse britannique de ce début de semaine, la tension est perceptible. Rose Gentle, maman d’un soldat de 19 ans mort en Irak, déclare dans les colonnes du quotidien The Guardian : "J'ai parlé à d'autres parents de soldats tués. Tout le monde s'accorde à dire que ce don ne changera rien. C'était la décision de Tony Blair en tant que Premier ministre de nous engager dans la guerre. Il est responsable de la mort de mon fils."
Les militants anti-guerre s’organisent d'ores et déjà et projettent d'organiser une manifestation durant la séance de dédicaces du livre, le mois prochain à Londres. Lindsey German, militante de l'association, explique cette action : "Il aurait été mieux qu'il ne nous engage pas au départ dans une guerre illégale. Il a menti à propos de la guerre, il a refusé d'exprimer des regrets devant la commission d'enquête Chilcot et cette tentative de se donner bonne conscience ne sera que peu de réconfort pour ceux qui ont perdu leurs proches."
L’éditrice Benedicte Page tempère : « C'est tout à fait inhabituel pour un politicien de faire don de tous les revenus de ses mémoires, mais c’est vrai que Blair est dans une position inhabituelle lui aussi. (…) Le débat sur notre entrée dans la guerre en Irak est plus passionné que jamais. Indépendamment de sa motivation pour ce don, ce geste aura au moins pour effet de stopper les critiques concernant les bénéfices personnels des recettes du livre ».
Il est possible que Tony Blair paye encore longtemps ce choix, qui a entraîné la perte de 179 soldats britanniques en Irak depuis 2003. Cette donation restera historique et le directeur de l’organisation caritative Chris Simpkins a déclaré : "La Légion est ravie d'accepter cette très généreuse donation ».
