Culture : 13 balles dans la peau, le roman à dévorer de David Wellington

par Dextarian, publié le 30 septembre 2011

Divisé en cinq parties bien distinctes les unes des autres, 13 balles dans la peau ne perd pas de temps : dès le début le décor est planté. 1983, Piter Byrn Lares, un monstre tueur, vampire de son état, est l’acteur principal d’un massacre sanglant auquel survit l’argent spécial Jameson Arkeley. 2003, le soldat Laure Caxton de la police d’État de Pennsylvanie se retrouve mêlée dans une nouvelle attaque de vampires. Le fédéral Arkeley est alors appelé : il ne devait plus y avoir de vampires dans la nature. 13 balles dans la peau est le récit d’une enquête des plus haletantes et des plus sanglantes, une véritable boucherie.

Selon les rapports officiels, tous les vampires sont morts. Un agent fédéral nommé Arkeley a trucidé le dernier dans les années 1980 à l’issue d’un combat qui a failli lui coûter la vie. Pourtant, lorsque Laura Caxton, de la police d’État, appelle des renforts en pleine nuit à la suite d’un contrôle de routine qui a mal tourné, le FBI décide de tirer Arkeley de sa retraite. Il est en effet le seul à savoir qu’un vampire a survécu : une femme, qui croupit dans un asile abandonné. Elle est conservée dans un état de faiblesse permanent, mais Arkeley la soupçonne de manigancer le retour en force des damnés. Lui aussi attend ce moment pour en finir une fois pour toutes. Et comme Caxton va vite s’en rendre compte, ils n’affrontent pas des créatures d’opérette, mais de véritables machines à tuer.

Les codes du vampires remis à jour : ici pas de vampires qui font un régime végétarien, mais des vampires affamés, disons plutôt assoiffés, et qui ont chacun leur signature personnelle après un festin. Ces vampires-là arrachent les bras, les têtes et autres parties du corps comme si c’était on ne peut plus naturel. Le sang est leur raison de vivre et c’est encore plus exaltant quand le sang coule après un massacre digne d’une vraie boucherie. Certains vampires adorent faire des mises en scène avec les corps des victimes, comme s’ils voulaient absolument exposer leurs oeuvres, de vrais objets d’arts. Impossible de tomber amoureux d’un tel genre de créatures de la nuit qui n’hésite pas à massacrer tout un village pour son propre plaisir personnel. Une fois repus ces vampires ne s’arrêtent jamais : plus ils boivent du sang, plus il en leur en faut. Un vrai cercle vicieux auxquels devront faire face l’agent spécial Arkeley et le soldat Caxton.

Les relations humaines mises à nue : Arkeley et Caxton ont tout pour se détester. D’ailleurs, ils se détestent, en tout cas au début. Arkeley prend un certain plaisir à faire passer Caxton pour une demeurée. Caxton attire les vampires et les semi-morts et c’est pour ça qu’Arkeley l’a choisie comme partenaire. Caxton a un problème avec son père. Elle en fait une fixation au point qu’elle en a fait une projection chez Arkeley. Du coup, Caxton a du mal à se faire respecter d’Arkeley car elle a toujours l’impression de devoir sans cesse se justifier auprès de lui. Arkeley reste toujours implacable comme s’il en avait rien à faire des problèmes personnels du soldat, de quoi l’énerver encore plus. 

Caxton n’est pas comme les autres sexuellement parlant. Caxton est lesbienne ce qui a plutôt tendance à attirer les pervers et quel vampire n’est pas pervers ? Mais si Caxton laisse l’impression de ne pas avoir confiance en elle, elle reste une battante et va tout faire pour démontrer à Arkeley ce dont elle est réellement capable. Et puis, elle a un compte personnel à régler contre tous ces vampires. Ces vampires qui ont le seul mérite de faire rapprocher deux personnes qui ont pourtant tout pour se haïr en leur donnant un point commun, mais quel point commun ? Celui d’avoir été psychologiquement violé.

Une enquête palpitante : du début à la fin, pas le temps de souffler. L’histoire est riche en rebondissements et en suspense. David Wellington a réussi avec succès à jouer avec les émotions de son lecteur. Rage, désespoir, haine, satisfaction, cynisme, humour noir… tout y est pour un plus grand plaisir ! 13 balles dans la peau est un récit à ne pas mettre entre toutes les mains car l’auteur n’y va pas de main morte, les vampires non plus d’ailleurs, enfin quoique… ce sont des monstres morts-vivants après tout ! Une fin qui ne fait qu’en redemander encore. 13 balles dans la peau est à dévorer à pleine dents… pointues !